Urologie

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Urologie : définition

L’urologie est la spécialité médicale qui s’intéresse et soigne l’appareil urinaire des deux sexes, l’appareil génital masculin (prostate et organes génitaux externes) et traite les maladies qui s’y rapportent comme les calculs urinaires, les malformations, les tumeurs et l’incontinence.

Le système urinaire

Après l’absorption des aliments et des boissons et le travail du système digestif, le métabolisme cellulaire produit des déchets azotés.

Ceux-ci sont transportés dans le sang jusqu’aux reins dans lesquels ils pénètrent par l’artère rénale.

Les reins

Véritables usines de retraitement, les reins filtrent les déchets et les transforment en urine.

Celle-ci ne s’écoule pas des reins en un flux continu, mais est projetée toutes les 20 à 30 secondes grâce à des contractions périodiques (ou ondes péristaltiques) dans les uretères, tubes étroits mesurant de 35 à 45 centimètres de long et 3 millimètres de diamètre environ, qui conduisent l’urine dans la vessie.

La vessie

Sorte de sac composé de fibres musculaires, la vessie stocke l’urine jusqu’à son évacuation ou miction.

Elle peut contenir environ 500 millilitres, mais l’envie d’uriner peut se faire sentir à partir de 250 à 300 ml.

L'urètre

L’urètre est le canal reliant la vessie avec l'extérieur.

Chez l'homme, il permet de transporter l'urine de la vessie jusqu'à l'extrémité du pénis, mais aussi le sperme lors de l'éjaculation.

Chez la femme, l’urètre se termine par un orifice situé au milieu de la vulve.

L'urine

L’urine contient principalement de l’eau et des déchets : urée, ammoniaque, acide urique, créatinine, etc.

Selon son état de santé, son régime alimentaire, les médicaments absorbés comme des diurétiques, etc. une personne élimine en moyenne un à deux litres d'urine par jour.

L’intervention du cerveau donne à la miction son caractère socialisé et contrôlé.

Même si l’ensemble de ce mécanisme échappe à notre contrôle, nous pouvons commander une miction de précaution pour éviter d’être surpris par une envie d’uriner au « mauvais » moment, pendant une réunion professionnelle, un examen ou une séance de cinéma…

L'incontinence urinaire

Définition

Il existe deux types d’incontinence :

  • L’incontinence liée à l’effort est due à une faiblesse du périnée et du sphincter urinaire.

    Lorsque ces muscles ne sont plus capables d’assurer leur fonction de contrôle, une augmentation de la pression abdominale occasionnée par un effort entraîne des fuites.

  • L’incontinence liée à une hyperactivité vésicale
    On l’appelle également incontinence par impériosité ou “urgenturie”.

    La vessie se contracte trop tôt, provoquant des envies intempestives, très handicapantes au quotidien.

    Cette hyperactivité vésicale peut cacher une maladie : infection urinaire, polype ou calcul dans la vessie, inflammation vaginale ou encore maladie neurologique.

Incontinence urinaire de la femme

En raison de leurs spécificités anatomiques, des grossesses et de la ménopause, les femmes sont plus exposées que les hommes à l’incontinence urinaire.

Celle-ci toucherait 10 à 20 % de la population féminine.

Plusieurs facteurs interviennent dans l’apparition de l’incontinence urinaire : la grossesse, des sports comme l’athlétisme, la gymnastique, l’équitation qui exercent une forte pression sur l’abdomen, et le tabac.

La femme est d’autant plus exposée que son périnée, le muscle qui entoure et soutient ses organes génitaux, est fragile.

Inconinence urinaire de l'homme

Le risque d’incontinence urinaire augmente avec l’âge chez l’homme.

Il concerne 3 à 5 % des hommes de 45 ans et en atteint 30 % à partir de 90 ans.

L’adénome de la prostate est la cause la plus fréquente d’incontinence.

Son traitement chirurgical peut aussi entraîner une incontinence urinaire d’effort.

Incontinences d'origine neurologique

L’incontinence urinaire peut aussi être le premier signe d’une maladie neurologique comme une lésion de la moelle épinière, une sclérose en plaques ou une maladie de Parkinson.

L’urologue prescrira des examens complémentaires ou adressera le patient à un neurologue.

Incontinence liée à une instabilité neurologique de la vessie

Le traitement comporte des antispasmodiques qui agissent sur le contrôle neurologique de la vessie et peuvent être associés à une prise en charge comportementale.

En cas d’échec du traitement, des techniques chirurgicales peuvent être proposées comme la mise en place d’un pacemaker de la vessie.

L’appareil envoie un courant électrique de faible intensité sur les nerfs allant vers la vessie dont il module le contrôle nerveux.

Traitements chirurgicaux

La technique des bandelettes sous-urétrales TVT (Tension free Vaginal Tape) ou TOT (Trans-Obturator Tape).

C’est la chirurgie la plus courante de l’incontinence d’effort. L’intervention est réalisée sous anesthésie générale ou péridurale.

Le chirurgien place une bandelette sous le canal de l’urètre qui le soutiendra pendant un effort et évitera qu’il ne s’ouvre.

L’intervention ne dure qu’environ trente minutes et ne nécessite qu’une très brève hospitalisation.

Elle est très efficace puisque son taux de réussite est de 80 à 90 %.

Lorsque les sphincters contrôlant l’ouverture de la vessie sont trop endommagés, on peut envisager la pose d’une prothèse sphinctérienne.

Une nouvelle technique, dite des « ballons ajustables » est actuellement développée.

Placés sous anesthésie locale (ou générale), ils permettent de renforcer la fermeture du canal de l’urètre de la femme.

Après la ménopause, un traitement hormonal local peut être associé à la chirurgie ou à la rééducation afin de redonner une certaine souplesse aux tissus.

Rééducation du périnée après une naissance

Six semaines après une naissance, lors de la visite médicale post-natale, le médecin vérifie l’état du périnée, souvent mis à rude épreuve lors de l’accouchement, s’il le juge nécessaire, il prescrira des séances de rééducation.

Dix de ces séances, effectuées avec une sage-femme ou un kinésithérapeute sont remboursées à 100% par la sécurité sociale.

Les exercices consistent à contracter les muscles entourant le vagin. Il existe plusieurs techniques :

  • Le bio-feedback (rétrocontrôle)
    permet à la femme de prendre conscience du fonctionnement de ses muscles au moyen d'une sonde introduite dans le vagin associée à un signal sonore ou visuel indiquant la contraction et le relâchement.

  • L’électrostimulation :
    une sonde vaginale envoie un très léger courant électrique et occasionne ainsi des contractions rythmées involontaires.

  • Le fauteuil de rééducation :
    la patiente est assise toute habillée dans le fauteuil. Un courant magnétique passe sous le fauteuil et déclenche des contractions du périnée.

Toxine botulique : le traitement de l'avenir ?

La toxine botulique est utilisée depuis 2000 en France pour soigner des incontinences d’origine neurologique.

En décontractant et paralysant le muscle vésical, la toxine botulique permet de traiter les vessies présentant une hyperactivité.

Des études cliniques sont en cours pour savoir si ce traitement serait applicable avec succès à d’autres types d’incontinence.

Prévention

Bien uriner, c’est préserver son périnée, cet ensemble de muscles soutenant tous les organes se situant au niveau du bassin, et sa vessie.

Cela s’apprend à tout âge. Voici les quatre règles d’or :

  • Ne pas se retenir quand on a envie
  • Se détendre complètement : c’est un acte nécessaire et non une corvée
  • Ne pas pousser : la vidange de la vessie doit se faire en douceur pour ne pas abîmer le périnée
  • Vider complètement sa vessie pour éviter la prolifération de germes risquant d’entraîner une infection urinaire

Les infections urinaires

Définition

L'infection urinaire est la présence anormale de germes microbiens dans l’urine.

  • Elle peut être limitée à la vessie : c'est la cystite.

  • Elle peut aussi affecter un organe comme le rein, c’est la pyélonéphrite ou la prostate, c’est la prostatite. Une infection urinaire peut parfois dégénérer et être à l’origine d’une grave maladie, comme une septicémie ou un abcès du rein, aussi ne doit-elle jamais être négligée.

Pour des raisons anatomiques, l'infection urinaire est plus fréquente chez la femme.

Chez elle, l’orifice de l’urètre est proche de l'anus où se trouvent toujours des bactéries qui peuvent remonter le long de l'urètre vers la vessie et proliférer dans l'urine.

L'homme est relativement protégé par la distance séparant son anus de l’orifice de son urètre, situé à l'extrémité du pénis.

Chez lui, l’infection urinaire est plus souvent provoquée par une anomalie des voies urinaires ou un adénome de la prostate causant une stagnation des urines dans la vessie.

Les symptômes

L'infection urinaire peut se traduire par de la fièvre sans aucun autre trouble, en particulier chez l'enfant ou les personnes âgées.

L'infection de la vessie (cystite) et celle de l'urètre (urétrite) se manifestent par des brûlures en urinant et des besoins fréquents d'uriner.

Les urines sont parfois troubles, hémorragiques et/ou malodorantes. Il existe souvent une douleur ou une pesanteur dans le petit bassin.

Les symptômes de l'infection du rein (pyélonéphrite) sont des signes généraux : fièvre élevée à 39°-40°, frissons, altération de l'état général…auxquels sont associées des douleurs lombaires qui peuvent être bilatérales.

Le patient ressent aussi parfois des manifestations semblables à celles de la cystite.

La consultation

Le médecin interroge le patient pour savoir s’il a de la fièvre, s’il ressent des difficultés pour uriner et s’il a déjà subi une infection urinaire.

L'examen porte sur les fosses lombaires, zone située de part et d’autre du bas de la colonne vertébrale correspondant aux reins, douloureuse à la palpation en cas de pyélonéphrite.

Chez l’homme, il examine sa prostate en pratiquant un toucher rectal.

En cas de prostatite, la prostate est douloureuse et inflammatoire.

Le médecin palpe alors l’abdomen pour rechercher un globe vésical ou rétention d’urine dû au blocage de la vessie.

La femme doit faire pratiquer un examen gynécologique.

Examens et analyses

La bandelette urinaire disponible en pharmacie oriente le diagnostic en une minute.

Elle révèle la présence de polynucléaires neutrophiles (globules blancs) et de nitrites.

L'examen cytobactériologique des urines (ECBU) confirme le diagnostic en identifiant la bactérie dont la sensibilité à plusieurs antibiotiques est testée.

Un prélèvement sanguin est également réalisé pour prévenir une septicémie (passage de la bactérie dans le sang).

Pour une pyélonéphrite aiguë, un bilan radiologique comprenant une radio de l'abdomen et une échographie rénale sera pratiqué à la recherche d'une cause favorisante comme un calcul, par exemple.

Si le patient souffre d'infections urinaires à répétition, un bilan radiologique plus approfondi sera nécessaire pour vérifier s’il ne présente pas une malformation anatomique favorisante.

Traitements

Le traitement de l'infection urinaire repose sur les antibiotiques, l’augmentation des boissons et le traitement des facteurs favorisants.

En cas de cystite ou d'urétrite, le traitement peut être soit un antiseptique urinaire pendant 10 jours, soit un antibiotique court sur 3 jours, soit un traitement monodose en prise unique, efficace sur la majorité des germes impliqués dans les cystites.

Pour une pyélonéphrite aiguë ou une prostatite aiguë, des antibiotiques sont souvent prescrits pendant deux à trois semaines.

Si le patient présente une fièvre élevée accompagnée d'une altération de son état général ou d’une complication comme une septicémie ou un abcès rénal, une hospitalisation est nécessaire pour une surveillance intensive.

Une double antibiothérapie est souvent prescrite par voie intraveineuse les deux ou trois premiers jours, puis par comprimés.

Dans le cas d'une pyélonéphrite par obstacle avec un rein obstrué par un calcul, par exemple, une intervention de drainage est indiquée en urgence.

Celle-ci est réalisée le plus souvent par les voies naturelles.

Prévention

Chez la femme, le respect de simples conseils hygiéniques suffit souvent à faire disparaître les cystites :

  • Boire plus de 1,5 litre d’eau par jour
  • Effectuer des mictions complètes en étant détendue
  • Pratiquer une toilette vulvaire au savon
  • Lutter contre la constipation
  • Après être allée à la selle, s’essuyer avec le papier hygiénique en allant d'avant vers l'arrière et effectuer une bonne toilette
  • Eviter les toilettes périnéales trop énergiques
  • Uriner immédiatement après les rapports sexuels
  • Eviter les pantalons serrés et les slips en fibres synthétiques qui favorisent la transpiration et la multiplication des germes.

A partir de 50 ans, l’homme devra faire examiner régulièrement sa prostate.

Les calculs des voies urinaires

Définition

Dus à la superposition progressive de plusieurs couches de minéraux contenus dans l'urine, les calculs sont constitués entre autres d'acide urique ou de phosphate de calcium.

Le terme de lithiase désigne leur processus de formation dans un organe.

Les calculs se forment toujours dans le rein et descendent la voie urinaire, de l’uretère jusqu’à la vessie.

Les symptômes

La douleur typique est la colique néphrétique, douleur du flanc brutale et très violente.

Son intensité ne dépend pas de la taille du calcul, mais du degré d'obstruction de la voie urinaire et de la rapidité de constitution de l'obstacle.

Une infection urinaire est parfois associée au calcul.

Les autres symptômes sont la présence de sang dans les urines, le blocage complet des urines et l’occlusion intestinale qui accompagne fréquemment la crise de colique néphrétique.

Examens

  • La radiographie « standard » : 90% des calculs sont visibles aux rayons X. C’est le meilleur moyen pour apprécier la taille d’un calcul, facteur essentiel de la décision thérapeutique.

  • L'échographie permet le plus souvent de mettre en évidence le calcul. Elle recherche également une dilatation des voies urinaires en amont d'un obstacle.

  • L'urographie intraveineuse consiste à opacifier les voies urinaires grâce à une injection par voie intraveineuse d'un produit iodé.

  • Le scanner est effectué après injection d'un produit de contraste selon le même principe que l'urographie intraveineuse.

Traitements

  • La dissolution
    Seuls les calculs d’acide urique (calcul radio-transparent) peuvent être dissous. Il n’y a pas de traitement pour dissoudre les calculs à base de calcium.

  • La lithotritie extracoroporelle
    En général, ce traitement ne nécessite ni anesthésie, ni hospitalisation. C’est l’envoi d’une onde de choc focalisée sur le calcul pour le fragmenter. Les fragments du calcul sont éliminés par l’urine. Le taux de réussite, en moyenne de 70%, dépend de la localisation, de la taille et de la composition du calcul. La quasi-totalité des calculs du rein et de l’urètre lombaire est traitée de cette façon.

  • L’urétéroscopie
    C’est le traitement des calculs situés dans l’uretère. Des instruments très fins sont introduits dans l’uretère par la verge et les calculs sont enlevés soit directement à l’aide d’une petite sonde à panier soit après fragmentation pour les gros calculs. Après l’intervention, les patients, qui doivent rester hospitalisés un ou deux jours, doivent souvent porter une sonde urétérale interne pendant quelques jours.

  • La néphrolithotomie per-cutanée
    Cette technique concerne les calculs volumineux, supérieurs à trente millimètres, ou les calculs trop durs pour être fragmentés par la lithotritie extracorporelle. Le praticien introduit une gaine d’un diamètre d’environ un centimètre dans les cavités rénales et fragmente les calculs intra-rénaux. L’hospitalisation dure de deux à trois jours.

  • La chirurgie ouverte
    Devenue exceptionnelle, cette chirurgie est surtout utilisée pour les très gros calculs moulant les cavités rénales, dits «corraliformes ». Elle se fait par une incision du flanc pour les calculs rénaux et une incision de la partie inférieure de l’abdomen pour ceux de l’uretère.

  • Le traitement préventif
    Le traitement préventif repose sur une bonne hydratation avec un apport suffisant de boissons et un éventuel régime alimentaire.

Les tumeurs de la vessie

Définition

Une tumeur de la vessie se signale au patient par du sang dans ses urines et, parfois, des troubles comme une envie fréquente d’uriner difficilement contenue.

Son apparition peut être favorisée par le tabagisme et l’exposition à certains produits utilisés dans l’industrie comme le caoutchouc, la peinture et les colorants.

On distingue deux types de tumeurs :

  • Le polype est une tumeur superficielle.
  • Le cancer est une tumeur dite « infiltrante », c’est-à-dire qu’elle atteint le muscle de la paroi vésicale.

Les urologues mesurent l’importance d’une tumeur selon son grade et son stade.

Plus la tumeur comporte de cellules anormales, plus le grade est élevé.

Le stade est déterminé par la profondeur de la tumeur dans la paroi de la vessie, son extension en dehors de celle-ci et la présence éventuelle de métastases atteignant des ganglions ou un autre organe distant.

Examens

  • L’examen cyto-bactériologique des urines (ECBU) est le premier examen demandé par le médecin. Il consiste à prélever quelques centimètres cubes d’urine pour rechercher les cellules tumorales. Il permet de confirmer la présence de sang dans les urines et de rechercher une éventuelle infection urinaire qui pourrait l’expliquer.

  • L’échographie vésicale étudie la vessie par ultrasons et met en évidence le polype. Parfois, une échographie faite pour une autre raison comme pour un adénome de la prostate chez l'homme ou une échographie gynécologique chez la femme permet de découvrir par hasard un polype de la vessie.

  • La fibroscopie vésicale consiste à glisser une fibre optique souple dans le canal de l’urètre pour inspecter la vessie. Cet examen est fait en consultation, après anesthésie de l'urètre par du gel anesthésiant. La fibroscopie permet de confirmer la présence d'un polype.

  • La résection endoscopique par les voies naturelles
    Elle consiste à prélever le polype par petits morceaux en passant un instrument appelé résecteur dans le canal de l’urètre. Un endoscope (= caméra) introduit dans l’urètre permet au chirurgien de contrôler son geste sur un écran. Cette résection endoscopique se fait en hospitalisation sous anesthésie générale ou péridurale. Elle nécessite la mise en place d’une sonde urinaire et une hospitalisation de quelques jours. L’analyse au microscope du prélèvement permet de préciser le grade et le stade de la tumeur, déterminants pour établir le traitement.

Traitements des tumeurs superficielles

Après l’ablation de la tumeur par les voies naturelles, si la tumeur est unique, on peut s’abstenir de tout traitement complémentaire.

Une surveillance régulière reste toutefois essentielle.

Mais, si le grade est élevé, s’il y a plusieurs tumeurs ou si le chorion (enveloppe extérieure du fœtus) est atteint, il faut entreprendre un traitement par instillation endo-vésicale.

Il agit sur sa paroi pour diminuer le risque de récidive, très fréquent.

Ces instillations se font lors de la consultation, généralement une fois par semaine pendant six semaines suivies d’un traitement tous les trois mois pendant en général deux ans. Ensuite, une surveillance annuelle est essentielle.

Traitements des tumeurs infiltrantes

La simple ablation de la tumeur « infiltrante » ou « profonde » par chirurgie endoscopique est insuffisante.

Le traitement doit être nettement plus lourd : c’est l’ablation de la vessie (cystectomie).

Après cette ablation, il faut créer un nouveau circuit pour les urines. Il existe deux techniques :

  • La dérivation des urines dans le côlon :
    Elles sont évacuées par le rectum avec les matières. Il faut vérifier avant que le sphincter de l'anus assurant la fermeture du rectum est suffisamment tonique pour retenir des urines.
  • Le remplacement de la vessie par un segment d'intestin :
    Une technique très utilisée qui permet au patient de continuer à uriner par les voies naturelles.
    Habituellement possible chez l'homme, elle est rarement réalisable chez la femme en raison de la faible longueur de son urètre.

Cette chirurgie peut être suivie d’une radiothérapie et/ou une chimiothérapie.

La surveillance est assurée par une échographie et/ou une urographie intra-veineuse (radiographie de l'appareil urinaire avec injection d'un produit iodé) faites tous les deux ans en alternance.

On surveille aussi régulièrement le bon fonctionnement des reins.

La prostate

Anatomie

La prostate est une petite glande située sous la vessie de l’homme.

Elle entoure la base de l'urètre, canal où s’écoule l’urine qui se termine par un orifice au bout de la verge.

Elle a un rôle essentiel dans la reproduction.

Elle sécrète le liquide séminal qui, ajouté aux spermatozoïdes produits par les testicules, forme le sperme.

Alcalin, ce liquide réduit l'acidité des sécrétions vaginales qui pourrait détruire les spermatozoïdes.

Situées au-dessus de la prostate, les vésicules séminales contiennent le sperme.

Examens et analyses

  • Le toucher rectal
    Le toucher rectal est l’examen principal de la prostate. Cette glande est située juste en avant du rectum. Le médecin peut donc en estimer le volume et la souplesse en introduisant un doigt recouvert d’un doigtier enduit de vaseline dans l’anus du patient.

  • Examen sanguin - Le taux de PSA
    L’antigène spécifique prostatique ou PSA (= Prostate Specific Antigen) est une protéine caractéristique des cellules prostatiques utilisée comme marqueur pour la détection du cancer de la prostate. Le taux de PSA dans le sang est considéré comme normal quand il est inférieur à 4ng/ml (4 nanogrammes, soit 4 milliardièmes de gramme par millilitre de sang).

  • L’échographie
    L’échographie utilise des ultrasons pour produire une image de la prostate. Elle permet d'apprécier le volume et le siège de la tumeur et met en évidence un résidu post-mictionnel. Elle peut se faire soit par voie abdominale, la sonde de l'échographe appliquée sur la partie inférieure de l'abdomen, soit par voie endo-rectale. La sonde est alors introduite dans le rectum. Si des nodules moins denses que le reste du tissu prostatique sont détectés, l’examen devra être complété par des biopsies.

  • Les biopsies de la prostate
    Les biopsies prostatiques, dix à vingt en moyenne, sont effectuées par voie rectale sous anesthésie locale ou, le plus souvent, par une brève anesthésie générale. Après une première série de biopsies négatives, la réalisation d’une nouvelle série peut être proposée, surtout si le PSA reste supérieur à Ces biopsies peuvent se traduire par du sang dans les urines ou dans le sperme.

  • Autres examens
    Si un cancer est détecté, il faut en rechercher les éventuelles métastases ou extension à d’autres organes. Le scanner abdomino-pelvien recherche les métastases au niveau des ganglions ou autres organes abdominaux (foie). La scintigraphie osseuse détecte l’extension du cancer aux os.

L'adénome de la prostate

L'adénome de la prostate, aussi appelé hypertrophie bénigne de la prostate ou HBP est une augmentation de volume de cette glande.

Ce n’est pas une maladie à proprement parler, mais plutôt une conséquence quasi-inéluctable du vieillissement qui survient à partir de 50 ans environ.

La prostate grossit et comprime la base de l’urètre qu’elle entoure, entraînant une gêne plus ou moins importante pour uriner.

Il faut consulter un médecin sans tarder.

Traitements médicaux de l'adénome

Les médicaments améliorent la qualité de vie du patient, mais ne font pas disparaître l'adénome.

Plusieurs consultations sont souvent nécessaires pour trouver le médicament et le dosage convenant à un patient qui devra se faire suivre régulièrement. Il en existe trois sortes :

  • les médicaments à base de plantes (extraits de prunier d'Afrique ou de palmier nain d'Amérique)

  • les alpha-bloquants qui diminuent le tonus de la musculature lisse de la prostate, entraînant une dilatation de l’urètre et une miction plus aisée.

  • l'inhibiteur de la 5 alpha-réductase (Finastéride) qui réduit la concentration de la dihydrotestostérone, hormone en grande partie responsable de l’adénome, et entraîne un dégonflement de la glande.

Traitements chirurgicaux de l'adénome

Le traitement chirurgical s'adresse aux patients présentant des troubles très gênants pour uriner et à ceux souffrant d’une complication.

L'intervention la plus courante est la résection trans-urétrale de la prostate.

Elle consiste à enlever du tissu prostatique à travers l’urètre avec un résecteur grâce à un endoscope (caméra) permettant de voir le geste chirurgical sur un écran.

L’autre intervention est l’ablation de l'adénome par voie haute avec incision de la paroi de l'abdomen.

La séquelle la plus fréquente d’une intervention est l'éjaculation rétrograde.

Le patient n'éjacule plus à l'extérieur, mais dans la vessie.

Le prélèvement est analysé dans un laboratoire d'anatomopathologie pour préciser le diagnostic : tumeur bénigne associée ou non à un cancer.

Infection de la prostate

L'infection de la prostate ou prostatite se traduit par des brûlures en urinant, des besoins fréquents et de faibles volumes urinés, une gêne à la miction et parfois une rétention d'urine.

Le tout accompagné d’une fièvre élevée et de frissons.

Le patient doit rapidement consulter.

Le médecin pratiquera un toucher rectal qui montrera une prostate augmentée de volume, lisse et douloureuse. Il prescrira un traitement antibactérien.

Cancer de la prostate

Le cancer de la prostate est une maladie très fréquente, qui peut être associé à un adénome.

Il se développe souvent très lentement et reste localisé.

Il est recommandé de commencer la détection du cancer de la prostate à partir de 50 ans, voire 45 ans chez les hommes ayant un facteur de risque particulier comme un père ou un frère atteint par ce cancer.

Elle repose sur le toucher rectal et le dosage de l’antigène spécifique prostatique, le PSA.

Ces examens, qui permettent un dépistage précoce, doivent être pratiqués annuellement.

On pourrait guérir 95 % des tumeurs si elles étaient prises en charge à temps.

Lors du toucher rectal, en présence d’un cancer, le médecin perçoit un nodule sur la glande.

Mais seul l'examen anatomo-pathologique d'un prélèvement de prostate effectué sous contrôle échographique permet de faire le diagnostic.

En évoluant, le cancer peut s’étendre au-delà de la prostate aux vésicules séminales et aux organes voisins, vessie et rectum.

Découvert tardivement, il risque d’essaimer vers des organes éloignés avec des métastases au niveau des poumons, des os ou du cerveau.

Traitement du cancer de la prostate

Différents types de traitements, adaptés à chaque patient, peuvent être réalisés seuls ou associés entre eux.

  • La radiothérapie externe
    Pratiquée par un oncologue radiothérapeute, la radiothérapie externe est un traitement habituel du cancer de la prostate à un stade précoce. Cette technique consiste à exposer les cellules cancéreuses à des radiations (ou rayons) produites par une source externe qui va altérer leur matériel génétique et les rendre incapables de se reproduire.

  • La curiethérapie
    Réservée aux tumeurs localisées et aux prostates de petite taille, la curiethérapie consiste à placer des sources radioactives directement dans le tissu prostatique pour détruire les cellules cancéreuses. L’implantation se fait avec de simples aiguilles sous péridurale ou anesthésie générale et sous contrôle échographique.

  • L'hormonothérapie
    La testostérone est une hormone masculine qui stimule la croissance de certaines cellules de la prostate, normales ou cancéreuses. L'hormonothérapie empêche la testostérone d’agir.

  • La prostatectomie totale
    Pratiquée par un chirurgien urologue et réalisée sous anesthésie générale, cette opération très efficace pour lutter contre le cancer pris suffisamment tôt, enlève toute la prostate et les vésicules séminales. Le chirurgien essaie de préserver les nerfs de l’érection passant au contact de la prostate afin de diminuer le risque d’impuissance.

L'impuissance

Définition

Lors d’une excitation sexuelle, le cerveau commande l’érection en envoyant des signaux de stimulation sexuelle.

Ces signaux descendent jusqu’à la verge en passant par la moelle épinière et les nerfs érecteurs directement liés aux artères et aux corps caverneux du pénis qui, gorgés de sang, assurent la rigidité de l’érection.

L’impuissance est l'incapacité durable à obtenir et/ou à maintenir une érection suffisante pour une pénétration lors d’un rapport sexuel.

Une impuissance passagère, sans gravité, ne doit pas inquiéter.

Mais sa persistance sur plusieurs semaines ou plusieurs mois, sans cause évidente, doit amener à consulter.

Causes

Lors d’une consultation pour impuissance, l’urologue interroge le patient pour essayer de déterminer l’origine psychologique ou physiologique de ses troubles.

Une érection de qualité dépend de plusieurs facteurs : le psychisme, les artères, la commande nerveuse et les hormones. L’impuissance résulte du déficit d’un ou plusieurs de ces éléments.

  • Les causes psychologiques sont les plus fréquentes.
  • L’alcool, le tabagisme, certaines drogues et certains médicaments peuvent aussi perturber l’érection.
  • De même que des maladies comme le diabète, l’obésité, la cirrhose du foie, l’athérosclérose et des maladies neurologiques.
  • Et, bien sûr, une diminution du taux de testostérone, l’hormone mâle, provoque une chute de la libido.
  • Enfin, toutes les opérations qui coupent les nerfs érecteurs entraînent une impuissance comme la chirurgie rectale et la prostatectomie totale.

Examens

Une analyse de sang peut mettre en évidence la présence excessive de triglycérides ou de cholestérol ou une chute anormale du taux de testostérone.

Le doppler pénien.

Cet examen échographique mesure le flux artériel et les variations de calibre des artères avant et après l'injection d’un vasodilatateur, la prostaglandine, dans le corps caverneux.

Il permet de vérifier si les troubles de l'érection sont dus ou non à une anomalie de la circulation sanguine.

Traitements

Avant de commencer un traitement, le patient devra s’efforcer d’avoir une bonne hygiène de vie proscrivant abus de tabac, d’alcool et de drogues ainsi que les médicaments inhibiteurs de l’érection. Une activité sexuelle aussi régulière que possible est également conseillée. Si l’impuissance est d’origine psychologique, le patient pourra rencontrer un psychothérapeute qui l’aidera à retrouver, si nécessaire, une communication de qualité et une harmonie sexuelle avec sa partenaire.

Les médicaments

Ces médicaments restaurent la fonction érectile en augmentant l’afflux sanguin vers le pénis. Ils sont tous déconseillés en cas d’antécédents de maladies cardiaques et doivent être pris uniquement sur prescription médicale. Les autres sources d’approvisionnement (envois de l’étranger, sur Internet…) peuvent s’avérer très dangereuses.

  • Le sildénafil
    Son effet apparaît dans les 20 à 40 minutes suivant son absorption par voie orale. Sa durée d’action est de huit heures. Contre indications : pas de prise de dérivés nitrés ni d’antécédents de maladies cardiaques comme un infarctus, une angine de poitrine ou une insuffisance cardiaque sévère.

  • Le tadalfil
    Son effet commence environ 16 minutes après la prise du comprimé. Son efficacité peut persister jusqu’à trente-six heures après la prise. Il a les mêmes effets et les mêmes contre indications que le sildénafil.

  • Le valdénafil
    Il faut le prendre de 25 à 60 minutes avant le rapport sexuel. Il a une durée d’action de vingt heures.

  • Le chloridrate d'apomorphine
    Agit en stimulant une région très précise du cerveau, au niveau de l'hypothalamus. Les comprimés agissent en 15 à 25 minutes. Effets secondaires éventuels : nausées, sueurs, vertiges et somnolence.

Le traitement par injection intra-caverneuse de prostaglandine

Le patient s’injecte un produit dilatant les vaisseaux dans la verge. L’érection débute cinq à dix minutes après. Il faut trouver la dose adaptée pour que la durée de l’érection soit d’environ une heure et laisser un intervalle de deux à trois jours entre les injections.

Les prothèses péniennes

C’est le dernier recours et il est irréversible. Une prothèse en silicone gonflable ou semi-rigide est implantée chirurgicalement dans les corps caverneux de la verge. Cette pose détruit définitivement le tissu érectile. L’érection est obtenue en manipulant une pompe.

Ces informations sont destinées à répondre à la plupart des questions que vous vous posez. Elles ne sauraient être exhaustives, ni normatives. C'est un complément d'informations, qui n'aborde que des principes généraux, sans traiter du cas particulier, lequel doit être discuté avec votre médecin lors d'une consultation.
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